SÉVÈRE ALEXANDRE

 

SÉVÈRE ALEXANDRE MARCUS AURELIUS (208-235) empereur romain (222-235)

 

Par sa mère, Julia Mamea, Sévère Alexandre appartient à la dynastie des Sévères. Il est choisi en 221 par son cousin germain Élagabal comme césar, ce qui lui donne droit à la succession impériale, mais l'empereur tente de revenir sur sa décision. Julia Mamea suscite alors en 222 une révolte des Prétoriens qui coût la vie à Élagabal. Aussitôt la cour impériale prend des mesures sévères contre es innovations de l'empereur assassiné.

Sévère Alexandre, conseillé par sa mère, renvoie à Émèse la pierre noire du culte solaire, objet d'indignation pour les Romains traditionalistes. Les sénateurs entrent à nouveau en grâce auprès du pouvoir impérial et seize d'entre eux sont choisis former une sorte de conseil de régence auprès de Sévère Alexandre qui n'est âgé que de treize ans.

Des juristes éminents, comme Ulpien, futur préfet du prétoire, Papinien, Herennius, Modestinus, prennent la place des anciens affranchis et administrent désormais judicieusement l'Empire. En 223, Julia Maesa, veuve de l'empereur Septime Sévère et grand-mère de Sévère Alexandre, meurt : elle avait dominé depuis plusieurs lustres les affaires publiques et privées de l'Empire romain, avait fait et défait, en secret, plusieurs empereurs.

Sévère Alexandre, bien conseillé, mène une politique hardie d'urbanisation et entreprend la construction de grands monuments, comme les Thermes qui bientôt s'élèvent sur l'emplacement du champ de Mars; l'activité commerciale reprend car les provinces sont mieux protégées contre les Barbares ; des paysans soldats sont en effet installés aux frontières et leurs fils devront obligatoirement s'enrôler dans l'armée. En dépit de ces succès, Sévère Alexandre est trop jeune encore pour pouvoir s'opposer avec efficacité aux exigences souvent criminelles des Prétoriens ; ceux-ci exécutent Ulpien sous ses yeux en 228 et demandent la mort de l'ancien gouverneur de Pannonie, l'historien Dion Cassius, qui pourra échapper à ses bourreaux et se retirer en Bithynie, son pays natal.

Aux frontières de l'Est, les Perses ont refait en 227 leur unité sous la conduite du roi des rois Ardachir ; en 231, ils pillent la Mésopotamie, assiègent Nisibe et pénètrent jusqu'en Cappadoce. Sévère Alexandre doit partir en campagne ; passant par l'Illyrie et la Thrace, il rassemble une troupe nombreuse.

L'empereur séjourne ensuite à Antioche, mais des mutineries sporadiques éclatent parmi les soldats romains qui le jugent trop irrésolu. En dépit de ces troubles, les Perses finissent par être vaincus et l'Asie romaine est délivrée de leur joug.

En 233, Sévère Alexandre, de retour à Rome, donne des jeux Persiques pour célébrer l'heureuse conclusion de la paix et offre un congiaire au peuple. Mais ces mesures ne réussissent pas à le rendre populaire : on lui reproche de demeurer sous la domination de sa mère Julia Mamea. Alors qu'il se trouve avec celle-ci à Mayence pour repousser les Germains en 235, ils tombent tous deux victimes d'une conjuration militaire organisée par le Thrace Caius Julius Verus Maximin.

Avec la mort de Sévère Alexandre prend fin la dynastie des Sévères, empereurs militaires et "syriens". Désormais les armes ne le céderont pas à la toge et les empereurs seront tous des officiers qui revêtiront la pourpre impériale dans le camp de leurs soldats.

Exposé de Mélanie Quinquis